samedi 4 avril 2015

Warlock d'Oakley Hall

De quoi ça parle ?
 « Laville de Tombstone en Arizona, pendant les années 1880, est notre Camelot national. Une terre fabuleuse où les vertus de l'Amérique s'incarnent chez les frères Earp et ses maux dans la bande des Clanton ; une terre imaginaire aussi, où l'affrontement d'OK Corral se revêt de la pureté dépouillée des joutes arthuriennes. Dans son magistral roman Warlock, Oakley Hall rend son humanité véritable, sanglante et mortelle au mythe de Tombstone. Wyatt Earp s'y métamorphose en un tireur d'élite nommé Blaisedell qui, à cause de l'image donnée de lui dans les magazines spécialisés sur le Far West, pense qu'il est un héros. Et c'est parce qu'ils croient en ce héros que les citoyens exaspérés de Warlock font appel à lui. Mais lorsque Blaisedell découvre qu'il ne peut répondre à leurs attentes, il est obligé de reconnaître ses failles, son abîme intime n'étant pas si éloigné de celui qui règne en ville. Avant même que s'achève l'angoissante épopée du livre [...], Warlock doit admettre que ce que l'on nomme la société et l'état de droit sont des concepts aussi fragiles et précaires que la chair, voués à retourner à la poussière des déserts aussi rapidement qu'un cadavre. C'est la sensibilité profonde de Warlock qui fait de cet ouvrage un grand roman américain » Thomas Pynchon

 Pour quel lecteur ?
Il s’agit d’un roman ayant de multiples facettes de de multiples niveaux de lecture. Il s’agit donc d’un livre exigeant qui ne pourra se satisfaire que d’un lecteur à son image : multiple, complexe, vigilant… Warlock a autant de lecteurs que de niveau de lecture. Certains y verront un western pur jus, qui réunit tous les codes du genre : des bandits, un shérif, des femmes fatales, des saloons et des duels en pleine rue. Le tout mené d’une main de maitre, avec un suspens qui ne retombe que dans les dernières pages. Le vrai Cow-boy ira volontiers faire un tour à Warlock, embryon de ville qui grandit péniblement à la frontière de la civilisation, brûlée par le soleil, nourrie directement au goulot d’une bouteille de whisky trafiquée.

Ensuite, une fois que le lecteur est entré en ville, il découvre un roman social. La création du chemin de fer, l’exploitation des mines, la naissance des grandes compagnies ferroviaires et minières qui reposent sur l’exploitation d’un groupe de travailleurs exposés à tous les risques, mourant prématurément, certain avant même d’avoir atteint l’âge adulte. L'Historien pourra donc y trouver son compte.
Enfin, tout en dessous, il y a la fable philosophique : qu’est-ce que l’Etat de droit ? Comment le construire, lorsqu’il ne repose sur aucune histoire commune, sur aucun fondement solide. Lorsqu’il doit gérer la violence et la brutalité de personnages pour lesquels seule une arme à feu peut assurer l’ordre. Le Penseur observera avec attention le lent processus d’établissement de l’ordre public.
Pourtant, l’épaisseur et la densité de ce livre me fait penser qu’il faut être un bon dévoreur pour en venir à bout sans difficulté.
Un roman qui plairait à Larry McMurtry ou à Cormac McCarthy !

  
Pour lire ma critique personnelle : cliquez ici !

1 commentaire:

synchroniciteetserendipite a dit…

Aaaaaaaaaaah c'est mieux comme ça ;)